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Communiqué de presse

À l’occasion de ses 60 ans, l’Apec publie une étude sur les transformations et les caractéristiques de la population cadre

Publié le

13

oct. 2026

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Ces dernières décennies, le paysage économique français a profondément évolué, bouleversant la place, le profil et le rôle des cadres dans notre société. L’Apec publie aujourd’hui une grande étude pour retracer l’évolution de la population cadre au cours des 60 dernières années. Cette publication s’appuie sur trois sources de données inédites : une enquête comparée avec des données historiques de l'observatoire de l'Apec, une analyse sémiologique des représentations des cadres dans les médias et des traitements inédits de données de la statistique publique.

« En soixante ans, la population cadre s’est considérablement élargie. Pour autant, être cadre continue de faire sens : il existe un réel attachement au statut cadre, fondé sur des réalités professionnelles communes et des aspirations partagées. 71% des cadres se disent épanouis au travail. »

Annelore Coury, directrice générale de l’Apec

Avec la tertiarisation de l’économie, la mondialisation des échanges et l’élévation du niveau des diplômes, les effectifs de cadres salariés dans le secteur privé n’ont cessé d’augmenter depuis les années 1960. 
 

Une population cadre qui a plus que quintuplé en 60 ans

Les cadres représentent aujourd’hui près d'un salarié du privé sur 5, contre moins d'un sur dix il y a 60 ans. Entre 1968 et 2020, les effectifs cadres ont été multipliés par plus de cinq et ils représentent aujourd’hui 4,5 millions de salariés.

Pour accéder à des postes cadres dès les premières années de vie active, un diplôme de niveau Bac +5 est aujourd’hui quasiment devenu un prérequis, même si ce n’est pas une garantie.  

En 1990, 44 % des cadres détenaient un Bac +3 ou plus. Ils sont 72 % en 2024. En 2024, 53 % des cadres sont même diplômés d’un Bac +5 et c’est encore plus vrai chez les jeunes (70 % des cadres de moins de 30 ans).  

Population très largement en emploi (87% en 2023), la population cadre s’est également fortement diversifiée.  

En particulier, la part des femmes a été multipliée par 12 entre 1968 et 2020. Au global, les femmes demeurent malgré tout encore sous-représentées parmi les cadres du secteur privé : elles sont 38 % en 2023 contre 45 % parmi les non-cadres. La féminisation progressive de la population cadre se retrouve dans les représentations des cadres dans les médias qui illustrent les difficultés rencontrées par les femmes cadres pour trouver leur juste place au sein du monde du travail. Des images majoritairement masculines dans lesquelles les femmes sont souvent absentes ou sous-représentées malgré une lente évolution au fil des années.

Dans le même temps, être cadre signifie de moins en moins être manager. La proportion de cadres managers est passée de 53% en 2006 à 42% en 2020. La majorité des cadres (58%) sont donc aujourd’hui des experts.  

Enfin, cette diversification s’est accompagnée de situations et de parcours non linéaires. Loin de l'image d'Epinal, certains cadres peuvent aussi être exposés aux inégalités, aux discriminations, aux ruptures de parcours. L'écart salarial entre femmes et hommes cadres résiste dans le temps (même s’il est en très légère baisse). Les discriminations liées à l’origine, au lieu de résidence ou au handicap touchent également une partie des cadres. Les jeunes diplômés bac+5 peuvent rencontrer des difficultés d’insertion, tandis que les stéréotypes liés à l’âge fragilisent les fins de carrière des cadres. 
 

Un sentiment d'appartenance quasi unanime

Malgré des contours relativement flous depuis sa création, la catégorie relève toujours de réalités juridique, statistique et culturelle spécifiques. Le sentiment d'appartenance est quasiment unanime : 94% des cadres se définissent aujourd’hui comme cadres et 85% déclarent le statut cadre important à leurs yeux. 

La rémunération, les responsabilités, l'autonomie, l'épanouissement professionnel et un attachement fort au travail restent des marqueurs positifs de ce statut à travers le temps. 

Les cadres bénéficient toujours de meilleures conditions d'emploi et de travail. Ils sont largement préservés des efforts physiques intenses et ont une meilleure espérance de vie. Leur salaire médian est de 3 755 euros nets mensuel. Il est deux fois plus élevé que celui des employés ou des ouvriers. 82% des cadres peuvent choisir leurs horaires de travail, contre 27% des non-cadres et ils ont un accès nettement supérieur au télétravail.  

En contrepoint, la position "entre le marteau et l'enclume", et la forte exposition à la pression, à la disponibilité et à des volumes horaires importants, avec des risques pour leur santé mentale perdurent, notamment pour les managers. 
 

Des aspirations partagées

Les cadres partagent enfin plusieurs aspirations communes pour l'avenir : 

  • les cadres ont moins de certitudes que par le passé sur leurs évolutions de carrières à venir. Seuls 18% d’entre eux ont une idée très précise de la direction à donner à leur carrière, contre 38% en 1978. Leurs attentes envers leur employeur et manager, pour garantir leur employabilité, sont fortes à cet égard ; 
  • être davantage reconnus pour leur investissement, et pas seulement financièrement ; 
  • mieux concilier vie professionnelle et vie personnelle. 

63 % des cadres d’aujourd’hui considèrent qu’une carrière réussie passe avant tout par un bon équilibre entre leur vie privée et leur vie professionnelle.
 

Un statut porteur de sens face aux transformations du monde du travail

Les cadres ont toujours accompagné et soutenu les mutations de l'économie française. Ils seront amenés à jouer un rôle majeur dans les transformations majeures à venir, qu'elles soient économiques, technologiques, environnementales ou organisationnelles. 65 % des cadres se déclarent d’ailleurs sereins face à ces transformations.

 

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