Points clés
60 ans d’évolution des cadres
A l’occasion de ses 60 ans (1966-2026), l’Apec propose un regard rétrospectif sur la catégorie des cadres. Témoin et acteur de l’évolution des cadres depuis ces six dernières décennies, l’Apec revient ainsi sur leur identité, leurs conditions de travail et leurs aspirations.
Cette étude s’appuie d’abord sur les centaines d’études réalisées par l'Observatoire de l'Apec depuis 1969. Plusieurs travaux inédits ont par ailleurs été réalisés : un travail spécifique sur les bases de données de la statistique publique, une grande enquête auprès de cadres complétée par une enquête auprès de non-cadres, ainsi qu’une étude sémiologique sur l’image des cadres dans les médias.
Points-clés
- Une étude de grande ampleur pour retracer l’évolution de la population cadre au cours des 60 dernières années et ses spécificités. En s’appuyant sur trois sources de données inédites :
- Une grande enquête auprès de 2000 cadres et 3000 non-cadres, comparée avec des enquêtes historiques de l'observatoire de l'Apec au cours des 60 dernières années.
- Une analyse sémiologique des représentations des cadres dans les médias au cours des 60 dernières années.
- Des traitements inédits de données sur les cadres de l’Insee (en série historique) et de la Dares (en comparaison avec les non-cadres).
- La population cadre a connu un essor massif en 60 ans
- Le nombre de cadre a plus que quintuplé en 60 ans. Ils représentent près d'un salarié du privé sur 4 aujourd'hui (contre moins d'un sur dix il y a 60 ans).
- Cet essor a été particulièrement marqué dans les services, et en particulier dans certains métiers. Le nombre de cadres informaticiens a ainsi été multiplié par 10 au cours des 35 dernières années.
- Cet essor s'est également accompagné d'une diversification de la population cadre, avec deux évolutions particulièrement notables : la hausse du taux de femmes parmi les cadres (x12 entre 1968 et 2020) et la hausse du taux de cadres non-managers (47% en 2006, 58% en 2020).
- Malgré sa massification, la catégorie des cadres continue à être porteuse de sens, relevant d'un sentiment d'appartenance quasi unanime, de réalités objectives communes et d'aspirations partagées
- Le sentiment d'appartenance à la catégorie reste quasi unanime (94% des cadres se définissent comme cadres et pour 85% le statut cadre est important à leurs yeux), en lien avec des marqueurs qui ont traversé le temps (autonomie, responsabilités, intérêt des missions...).
- Aujourd'hui encore, les cadres ont des conditions matérielles plus favorables que les non-cadres, avec moins de pénibilité physique, un salaire médian deux fois plus élevé que celui des employés ou des ouvriers, davantage de flexibilité sur leurs horaires de travail (82% des cadres peuvent choisir leurs horaires de travail, contre 27% des non-cadres) et un accès nettement supérieur au télétravail.
- Revers de la médaille : ils sont aussi exposés à des niveaux de pression élevés et à des exigences fortes de disponibilité, ce qui entraîne des volumes horaires importants de travail et des risques en matière de santé mentale. Une forme de culture de la performance et de l’invulnérabilité, propre aux cadres, peut accentuer cette pression.
- Les cadres partagent enfin des aspirations communes, qui tournent autour de 3 pôles : une volonté d'optimisation de leur évolution professionnelle, une attente forte de reconnaissance de leur fort investissement de la part de leur employeur et de leur manager, une aspiration à mieux concilier l'épanouissement professionnel et la vie personnelle.
- La catégorie cadre reste pour autant éminemment hétérogène et n'est pas à l'abri de difficultés
- Les cadres exercent aujourd'hui dans une grande diversité de secteurs d'activité, de métiers et de tailles d'entreprise.
- Des inégalités traversent la population cadre et notamment des inégalités salariales femmes-hommes persistantes, ainsi que des discriminations liées à l'origine, au lieu de résidence ou au handicap.
- Les parcours des cadres sont également hétérogènes, loin de l'image d'ascension linéaire souvent associée aux cadres.
- Enfin, les cadres ne sont pas épargnés par les ruptures professionnelles ou le chômage.
