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Communiqué de presse

La crise va impacter la mobilité des cadres

publié le

09

juil. 2020

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La crise va impacter la mobilité professionnelle des cadres : moins enclins à changer d’entreprise face à la baisse d’opportunités, ils pourraient plébisciter la mobilité interne.

Dans un contexte de crise économique liée à la crise sanitaire inédite, l’Apec a constaté, au 1er semestre 2020, une chute des offres d’emploi cadre de 34 %. Cette baisse vient réduire les opportunités de mobilité externe des cadres tout en impactant leur confiance en l’avenir. Pour autant, la dernière étude de l’Apec révèle que la mobilité interne, moins soumise aux aléas conjoncturels, pourrait constituer une alternative aux velléités de changement.

Les points à retenir

-    En 2019, le niveau de mobilité externe se maintient à un niveau presque équivalent à celui des dix dernières années (7 % vs entre 6 et 9 %) mais devrait fortement diminuer en 2020.

-    Dans un contexte de morosité économique, les cadres sont moins enclins à changer d’entreprise. En outre, les offres d’emploi ayant chuté de 34 % au 1er semestre 2020, les opportunités sont moins nombreuses. Les mobilités contraintes, telles que changer de métier ou déménager pour retrouver un emploi, devraient augmenter.

-    Faute d’opportunités externes en nombre, la mobilité interne pourrait être davantage mise en œuvre par les entreprises dans le cadre de leur gestion des RH et pour accompagner leurs transformations.
 

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Les cadres freinés dans leur envie de mobilité externe

Début 2020, près de 7 cadres sur 10 envisageaient de modifier leur parcours professionnel dans les trois prochaines années. La mobilité externe était alors la forme la plus souvent plébiscitée. 20 % des cadres ayant changé d’entreprise en 2019, l’ont fait avant tout pour « quitter un environnement difficile » ou encore « gagner en qualité de vie » (14%*). En outre, le changement d’entreprise s’accompagnait alors d’une promotion hiérarchique (pour 46 %*), d’un élargissement des responsabilités ou d’évolutions de la rémunération (pour 64 %*). La mobilité externe est ainsi largement motivée par une volonté d’améliorer ses conditions de travail. Si les cadres y renoncent, cela pourrait impacter leur moral, augmenter leur insatisfaction et leur frustration.

Au regard du contexte économique et social incertain, l’Observatoire de l’Apec estime que les cadres en 2020 seront davantage « frileux » et moins enclins au changement d’entreprise, alors même que les opportunités diminuent.

En effet, au 1er semestre 2020, on constate une chute du niveau des offres d’emploi cadres de 34 %, tous secteurs et métiers confondus (voir encadré).

Enfin, sous l’effet de la crise liée au Covid-2019, la part des mobilités « contraintes » ou subies pourrait augmenter de façon significative : face à une situation de chômage, certains pourraient se voir forcés de changer de fonction ou de métier, ou encore de déménager pour retrouver un emploi.

 

La mobilité interne, moins soumise à la conjoncture, représente une alternative pour les cadres 
Au cours de l’année 2019, 19 % des cadres du secteur privé ont connu une mobilité interne. Depuis 2009, contrairement à la mobilité externe, elle reste relativement stable, même en période de crise ou de dynamisme du marché de l’emploi cadre. 
De manière générale, les changements en interne s’effectuent dans une optique de progression. Ainsi en 2019, 14 %** des cadres souhaitaient des perspectives d’évolution plus importantes et 12%** gagner en responsabilité. A l’instar de la mobilité externe, la mobilité interne permet de voir augmenter sa rémunération (pour 57 % des cadres**) et de bénéficier d’une promotion hiérarchique. Même si les cadres qui ont vécu une mobilité interne se disent moins satisfaits de leur équilibre vie professionnelle / vie privée (73 % vs 80 % pour la mobilité externe), les cadres mobiles en interne restent plus satisfaits de leurs perspectives de carrière au sein même de l’entreprise (67 % vs 60 pour la mobilité externe). 
Globalement, la satisfaction apportée par la mobilité interne est du même ordre, bien qu’un peu moins forte, que celle consécutive à un changement d’entreprise. 
 

L’Apec va jouer plus que jamais son rôle de décrypteur de l’emploi des cadres. Nous accompagnons nos clients à appréhender les évolutions sociétales, le rapport au travail, les nouveaux besoins en compétences, les nouvelles attentes des cadres. Le contexte de crise ne va pas annihiler l’envie de mobilité professionnelle. Certains cadres auront, pendant cette période de confinement, pris le temps de réfléchir à leur évolution, et pour les cadres en activité, cela pourra se faire par de la mobilité interne, puisque les opportunités externes vont diminuer. Aux entreprises d’anticiper ces nouveaux enjeux. Nous serons là pour les y aider.

Gille Gateau, directeur général de l’Apec.

* Base : cadres ayant connu en 2019 une mobilité externe volontaire ou concertée avec l’entreprise précédente
** Base : cadres ayant connu en 2019 une mobilité interne

Une baisse de 34 % des offres au 1er semestre 2020

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- Au global, le volume des offres publiées sur apec.fr enregistre une baisse de 34 % dans tous les secteurs d’activité par rapport à la même période en 2019. 

-Si l’Île-de-France est la plus touchée (-39 %), toutes les régions affichent des baisses, les moins importantes s’observant en Bourgogne-Franche-Comté (-26 %) et en Normandie (-27 %).

-Bien que tous les secteurs soient concernés, celui de la construction se distingue par une baisse plus limitée du volume d’offre (-25 %) tandis que l’industrie marque le pas le plus important (-40 %), en particulier l’industrie mécanique, métallurgie et automobile (-45 %) et les équipements électriques et électroniques (-48 %), tandis que l’agroalimentaire et les industries chimiques ont connu au contraire les baisses les moins brutales avec une contraction d’un peu moins d’un tiers des offres publiées. 

-Le secteur des services, le plus important pour l’emploi cadre, a connu un phénomène similaire. Alors que le transport-logistique-tourisme a vu ses offres chuter de 37 %, la banque-assurance-immobilier a été moins touchée (-28 %).

-Enfin, toutes les fonctions sont affectées. Si l’on met de côté en raison de ses spécificités la fonction santé-social, où la baisse n’est que de 11 %, toutes les fonctions subissent une perte en termes de volumes d’offres qui va de -27 % en production industrielle, travaux et chantiers, à -37 % en études, recherche et développement et en ressources humaines et -38 % en informatique.


 

Méthodologie : 
Depuis 2009, l’Apec effectue un suivi de la mobilité des cadres du secteur privé. Cette vague repose sur l’interrogation de 4 000 salarié·e·s du secteur privé occupant un poste au statut de cadre dans le secteur privé, et issus de fichiers externes à l’Apec.

Sources : 
Apec - Panorama 2020 des mobilités professionnelles des cadres
Offres d’emplois cadres publiées sur Apec.fr 

 

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